Les monopoles

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Les monopoles sont les immenses entreprises qui détiennent une partie ou la totalité d'une branche de la production de marchandise. C'est à dire qui sont en situation de quasi monopol. Elles sont souvent appelés « multinationales », ce qui est un abus de langage car chaque maison-mère de ces gigantesques trusts est rattaché à un État et à la bourgeoisie d'un pays (mais le terme peut être juste si il signifie que leur emprise économique s'étend sur de très nombreux pays de différents continents).

 

 

Le monopole est le passage du capitalisme à un régime supérieur.

 

Les monopoles sont apparus avec la concentration du capitalisme, qui est une situation inhérente à lui-même. Dans la première phase du capitalisme il y avait un régime de libre concurrence entre les capitalistes. Des milliers de petits capitalistes s'affrontaient dans chaque branche productive. Par exemple il y avait de nombreux fabricants de chaussures. Mais peu à peu, les plus efficaces et offensifs vont racheter les plus petits. Lénine nous dit  que « le monopole est exactement le contraire de la libre concurrence, mais nous avons vu cette dernière se convertir sous nos yeux en monopole, en créant la grande production, en éliminant la petite, en remplaçant la grande par une plus grande encore, en poussant la concentration de la production et du capital à un point tel qu'elle a fait et qu'elle fait surgir le monopole ». Cette situation crée des trusts, des syndicats patronaux, des associations plus ou moins déclarées pour se mettre d'accord sur les prix, sur les orientations politiques des États en matière de politique extérieure et intérieure, etc.

 

Les monopoles donc sont les véritables détenteurs du pouvoir. Ils exercent une dictature violente sur l'ensemble de la société et toutes les institutions sont soumises à leurs bon vouloir. Leur règne se caractérise par ce qu'on peut appeler la contre-révolution préventive, et il est même possible de penser que dans les pays qui ont connu de véritables régimes fascistes (Allemagne, Italie, Espagne, Japon etc.), ces régimes ont représenté la violence nécessaire au Grand Capital pour faire entrer ces États fraîchement et "mal" dé-féodalisés dans ce régime de contre-révolution préventive.

 

Il se caractérise également par la métropolisation des pays monopolistes-impérialistes, une subordination totale de tous les rapports sociaux à la logique du Capital, une caporalisation de la société en armée de producteurs-consommateurs dociles, totalement enchaînés à la marchandise et au marché de l'emploi pour gagner de quoi l'acquérir à crédit.

 

Dans l'État français, c'est aussi cette époque de triomphe des monopoles et de métropolisation qui a porté un véritable coup semi-mortel aux langues et cultures de nos Peuples, encore omniprésentes dans la vie sociale à la veille de la Seconde Guerre mondiale ; dans un aboutissement absolu de la logique "parler comme les dominants pour penser comme eux et ne bouger que dans les limites fixées par eux" ; et non, comme le prétendent nos négateurs "de gauche", le triomphe de la "liberté" bourgeoise proclamant la "Nation" en 1789 (simple étape préalable au lancement de la révolution industrielle), bien que celle-ci ait effectivement initié le processus mais avec un succès tout relatif pendant un siècle et demi (la centralisation administrative parisienne, elle, commençant dès le XVIIe siècle et n'ayant donc rien de lié à la sacro-sainte Révolution bourgeoise de 1789 non plus).

 

Les capitalistes monopolistes contrôlent la totalité de la presse dans l'État français, ils mettent des politiciens serviles au pouvoir. C'est pour cela qu'au stade de l'impérialisme les élections bourgeoises ne peuvent pas être démocratiques. Aucune représentation politique quelconque ne pourrait avoir le véritable pouvoir sans le démantèlement de ces monopoles.

 

Les monopoles sont l'entreprise capitaliste au stade impérialiste. Tout ceci ne signifie pas que la concurrence a disparu mais qu'elle devient plus violente et qu'elle pousse toujours plus vers la guerre.

 

Nous devons lutter fermement contre les monopoles, c'est la base de tout combat révolutionnaire. Notre lutte est donc anti-monopoliste.



 

 



 

 

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