L'impérialisme

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Lénine dans « l'impérialisme stade suprême du capitalisme » le définit par cinq traits majeurs :

 

1) concentration de la production et du capital parvenue à un degré de développement si élevé qu'elle a créé les monopoles, dont le rôle est décisif dans la vie économique ;

2) fusion du capital bancaire et du capital industriel, et création, sur la base de ce "capital financier", d'une oligarchie financière ;

3) l'exportation des capitaux, à la différence de l'exportation des marchandises, prend une importance toute particulière ;

4) formation d'unions internationales monopolistes de capitalistes se partageant le monde ;

5) fin du partage territorial du globe entre les plus grandes puissances capitalistes ;

 

L'impérialisme est le capitalisme arrivé à un stade de développement où s'est affirmée la domination des monopoles et du capital financiers, où l'exportation des capitaux a acquis une importance de premier plan, où le partage du monde a commencé entre les trusts internationaux et où s'est achevé le partage de tout le territoire du globe entre les plus grands pays capitalistes.

 

C'est en fait l'aboutissement de la mécanique d'expansion inhérente au capitalisme lui-même : le capitalisme naît dans des centres marchands et de là subordonne les campagnes (comme Toulouse avait commencé à la faire au Moyen Âge...) puis d'autres centres concurrents (comme Paris l'a fait avec Toulouse et d'autres), donnant naissance aux États modernes comme notre "chère" fRance ; puis se lance à l'assaut du monde en soumettant d'autres centres encore (toute la région allant du Maghreb et du Sahel jusqu'à la Chine, du moins, avait à la base des centres marchands tout aussi florissants que ceux d'Europe) et des pays les uns après les autres ; transformant les populations en force de travail et le non-humain en potentielle marchandise ; pour arriver donc finalement, au début du XXe siècle, à ce partage de la planète entre une poignée de centres dont les puissances secondaires ne sont que des alliés-pions (France, Angleterre, Allemagne, États-Unis, et le petit dernier le Japon), concomitamment à la concentration des capitaux en monopoles comme vu ci-dessus. Une ère qui est en réalité une crise générale permanente, dont nous ne sommes réellement sortis vite-fait que pendant une trentaine d'années après la Seconde Guerre mondiale... et l'ère de la révolution prolétarienne à l'ordre du jour !

 

Ce stade supérieur est apparu durant la seconde moitié du XIXe siècle et s'est accentué avec la première crise générale du capitalisme commencée dans les dernières décennies du XIXe (on considère généralement la grande crise, pour la première fois mondiale, de 1873 comme sa première manifestation ; ensuite de quoi le partage total de la planète en Empires coloniaux l'a temporairement "résolue", donnant lieu à la "Belle Époque", mais conduisant aussi inéluctablement à la guerre mondiale qui se met en place dans les années 1900 et s'achève en 1945, suivie par une nouvelle période de relative prospérité pour 30 ans, elle-même suivie de la nouvelle crise générale que nous connaissons depuis les années 70, entrée dans sa phase finale vers 2007-2008).

 

L'impérialisme a comme nécessité un repartage incessant du monde (puisque celui-ci est intégralement partagé depuis 1900) pour trouver de nouveaux marchés ou en créer, par la guerre notamment.

 

Les frictions entre les différents camps impérialistes, et la volonté de soumettre les pays qui avaient joué de la Guerre froide et de la rivalité Occident-URSS pour desserrer un peu l'étau impérialiste sur eux (comme l'Irak, la Libye etc.), poussent toujours plus vers la guerre. Toutes les guerres actuelles dans le monde sont des guerres de repartage entre États impérialistes face aux pays semi-colonisés. Mais des frictions de plus en plus grande apparaissent entre les différents pays impérialistes et des fractions de la bourgeoisie à l'intérieur même de chacun de ces pays, frictions qui mènent toujours plus vers une intensification de la nouvelle guerre mondiale déjà "rampante" (en réalité) depuis la fin de la Guerre froide et de sa logique de blocs.