Capitalisme financier

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De droite comme de gauche, les politiques se disent "en colère" contre le capitalisme financier. Celui-ci serait le vrai problème, un capitalisme soi-disant apatride, sans garde-fou, détenu par des étrangers. Tout cela sous-entendant qu'il y aurait un "bon" capitalisme national à visage humain. Cette vision est proprement celle des fascistes (avec en arrière-plan la figure du juif apatride dirigeant le monde) et ce qui est inquiétant, c'est que l'ensemble du spectre politique utilise cette vision de deux capitalismes.

 

 

 

Le capitalisme financier c'est, en fait, la fusion qui s'est opérée au XIXe siècle lors de l'apparition des monopoles et de l'impérialisme, entre le capitalisme industriel (producteur de marchandise) et le capitalisme bancaire (gestionnaire des capitaux). Le second a effectivement pris le pas sur le premier avec le développement de l'impérialisme. Il y a bien une oligarchie financière toute puissante, mais la richesse reste basée sur la production de marchandise ("l'argent" ne sert qu'à quantifier une valeur qu'il faut bien produire, qui ne vient pas de nulle part si ce n'est de la production !) ; si bien qu'en réalité l'un ne va pas sans l'autre et un capitalisme "non-financier" n'a aucun sens, à moins d'envisager sérieusement de faire "revenir" le capitalisme à son stade de développement du 18e siècle, avec ses artisans en corporations et ses petits ateliers, avant la révolution industrielle en fait, qui a été le point de départ de cette fusion de par les investissements et crédits nécessaires pour développer l'industrie comme elle l'a été à l'époque.

 

Depuis les années 1970-80 et encore plus depuis 1990 la tendance est à la dérégulation des marchés financiers ; la destruction de toutes les frontières et des contrôles est une tendance du capitalisme en temps de crise. Nous sommes dans la seconde crise générale du capitalisme (voir ici), il n'y pas donc d'hypothèse réformiste comme solution puisque le réformisme est finalement ce qui a permis au capitalisme mondial de se restructurer et de connaître les "Trente Glorieuses", mais celles-ci n'ont débouché que sur une nouvelle crise. Seule la voie révolutionnaire est donc praticable au jour d'aujourd'hui.