La nature de la crise

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L'impérialisme (voir ici), qui est notre système économique, est en crise profonde. C'est une crise systémique, c'est à dire qu'elle est au cœur du système lui-même. Ce système qui ne fonctionne que sur une course suicidaire au profit est en fin de vie, il est rongé de toute part par ses propres contradictions.

Le système impérialiste, c'est comme un humain qui court et que la course tue mais qui ne peut pas arrêter de courir. Le système impérialiste c'est exactement cela, une folle course en avant.

 

 


La misère frappe partout l'humanité, mais dans un paradoxe terrible : c'est parce que ce système produit TROP de richesses qu'il est en crise. Il y a quelque chose qui ne va pas, me direz-vous. Comment la pauvreté peut-elle exploser partout, comment tous les pays du monde peuvent-ils être sous pression, avec des économies en crise, des plans d'austérités, du chômage de masse, et ce système serait soi-disant "trop riche" ?

C'est qu'en réalité la richesse n'est pas redistribuée : elle se concentre dans les mains d'une poignée de millionnaires et de milliardaires, quelques pourcents à peine de l'humanité.

Donc ce n'est pas une question de riche ou pas riche, mais une question que ce système est le pire des systèmes. L'humanité n'a jamais été aussi riche en termes de valeur absolue.

Maintenant, tentons de comprendre pourquoi il y a trop de production de richesse.

Rappelons-nous qu'à notre stade actuel de développement, l'impérialisme, la moindre parcelle du monde est intégrée au marché. Au cœur du problème, nous avons le comportement propre au capitaliste. Premièrement, il ne gardera jamais ses capitaux "dormants", sans utilisation, et pire, il n'investira jamais ses capitaux dans un nouveau cycle économique qui offrirait moins de rendement que le cycle antérieur.

Arrêtons-nous sur ce point, car cette problématique est centrale pour tout le système capitaliste. Pour comprendre nous devons imaginer qu'un capitaliste a un capital de 100.000 € à investir dans la fabrication d'une marchandise quelconque. Un cycle, c'est  le temps de fabrication de la marchandise. Il faut des capitaux, des machines et des êtres humains (travailleurs) pour les faire fonctionner ; et aussi un acheteur pour que la marchandise soit vendue et que le profit se réalise.

Admettons que cet investissement va lui rapporter 120.000 €, donc il aura fait 20% de profit. Ses 120.000 € qu'il a gagné, il doit les ré-investir mais il ne les ré-investira JAMAIS dans un cycle où il gagnerait un taux profit inférieur à 20%. Simples mortels que nous sommes, on serait déjà contents de gagner 19%. Lui, il ne le fera jamais. Donc une fois que tous les marchés sont saturés, il se trouve qu'une quantité croissante de capitaux ne trouvent pas où et comment être réinvestis.

Bien sûr, il peut aussi moderniser son industrie mais évidemment tous les capitalistes à plus ou moins long terme vont faire la même chose et l'on revient dans la même situation. Ou alors pousser les politiques à faire des lois pour faire baisser le coût du travail (Loi El Khomri par exemple), mais les autres États font pareil donc à la fin il se retrouve au même point. 

Quoi qu'il fasse, la situation revient toujours au même point mais en pire. Surtout qu'au stade des monopoles, ce ne sont plus de simples réactions humaines qui gèrent les business mais tout un ensemble hiérarchique où les capitalistes monopolistes proprement dits ordonnent tout en étant à 1000 kilomètres des réalités.

Dans cette course au profit, beaucoup d'entreprises y laissent la peau et c'est pour cela qu'en temps de crise les plus gros monopoles deviennent toujours plus gros, réduisent encore plus les marges de manœuvre et tendent toujours plus vers le conflit ouvert pour pouvoir refaire fructifier leurs capitaux.

Pour aller plus loin, nous vous conseillons de lire le texte du nPCI ici

 

 

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