La situation de la langue occitane en Hexagone.

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         L’occitan est une langue extrêmement menacée en Hexagone. Nous sommes arrivés à cette situation par un choix politique délibéré. Ce n’est pas un accident de l’histoire mais la volonté d'en finir avec une langue et donc avec un peuple. C'est la volonté d’effacer un peuple, de l’incorporer à la nation française. Cela a été un long processus qui a commencé par la conquête et l’annexion de notre terre par les français.

Puis par la suite qui a pris diverses formes, allant de l’interdiction comme langue administrative, à l’interdiction de la parler à l’école ou seul le français avait le droit d’être usité et aussi par tout un travail idéologique en profondeur en nous apprenant à haïr notre langue. Nous, occitans, et comme tous les peuples de l’Etat français, on nous a appris à ne pas exister. En inculquant la honte, la fameuse vergonha de parler notre langue et de la transmettre, l’Etat a organisé un vol gigantesque de toute une culture et d’une histoire.

C’est un crime contre l’humanité qu’organise l’Etat français depuis des centaines d’années. Ce type de politique dans un autre pays serait vu comme un acte de barbarie et serait condamné comme tel. De Gaulle avait bien crié son « vive le Québec libre ». L’hypocrisie de la bourgeoise française est toujours d’un très haut niveau.
Nous aurions dû dispaître, c’était prévu et voulu, mais l’histoire a ses détours et la verité fait toujours irruption quand on ne l’attend plus.

L’Occitan n’est pas mort et l’Occitanie commence à exister dans la tête de son peuple. C’est encore à petite échelle mais qui aurait pu imaginer il y a 15 ans que les citoyens de la nouvelle région d’Occitanie centrale voteraient pour le nom Occitanie ?

Alors oui il y a une immense évolution et tout cela c’est grâce au travail de titan d’une multitudes d’associations, de mouvements politiques et de personnes dévouées à la cause occitane.
Bien que la situation et la perception de l’occitan a largement progressé dans une partie de notre peuple, la langue est bien loin d’être sauvée.

 

Son enseignement est en augmentation mais encore beaucoup trop faible pour rattraper la disparition de la génération des anciens fortement locutrice.

Il y a plusieurs types d’enseignement de l’occitan :

 

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-Les Calandretas, écoles immersives et associatives dans lesquelles la langue d’enseignement et de vie est l’occitan.
-Les écoles bilingues publiques.
-Des cours dispensés dans les écoles, collèges, lycées sous forme d’initiation ou de sensibilisation de l’occitan.
-Quelques établissement privés.
-Les cours pour adulte sous différentes formes: formation professionnelle, groupes de discussion, apprentissage pour le plaisir,...

 

En juillet 2016, il existe 62 écoles et 3 collèges Calandreta, répartis sur 18 départements, pour 3 614 élèves scolarisés. En 2012 il y avait dans le public 4167 élèves. On approche aujourd’hui Des 8000 élèves scolarisés en occitan sur une population de 16 millions d’habitants. De plus il y avait 54000 élèves environ en 2012 qui avait accés a un enseignement d’initiation et de sensibilisation en occitan. Soyons clair, peu d’élèves qui sortent de l’initiation à l’occitan savent le parler ainsi que ceux qui sortent des classes bilingues faute d'environnement direct propice à l'emploie de la langue: cadre familiale 100% francophone, absence de visuel (panneaux) ou de dynamique dans les communes concernées.


De plus l’enseignement de l’occitan est inégalement réparti, l’enseignement se concentre principalement dans le sud, le long des Pyrénées et du littoral languedocien, la Provence et la Gascogne du nord, le Languedoc du nord, le Limousin et l’Auvergne sont dans des situations catastrophiques. Il n’y avait en 2012 qu’un professeur reconnu d’occitan dans le public en Auvergne..
Malgré cette situation extrêmement difficile des politiques sont mises en place au niveau régional pour développer son enseignement. L’OPLO, « Office Public de la Langue Occitane - Ofici Public de la Lenga Occitana » a été crée en 2015, il vise à développer et aider tout ce qui touche à la transmission de l’occitan (ici pour voir toutes ses prérogatives). Seule la Nouvelle Aquitaine (qui inclut le Limousin) et la Région Occitanie participent, pour l’instant, à l’OPLO. La Nouvelle Aquitaine a aussi signé une convention qui vise à ouvrir un cursus bilingue par département et par an.
Un problème politique avant tout.


Tout cela est très précaire et dépend de la bonne volonté des politiques régionales. L’Etat vient à peine de reconnaître l’agrégation pour l’occitan. Nous sommes face à un problème politique grave qui ne peut se régler que par la lutte pour l’officialisation de l’occitan et l’enseignement obligatoire de la langue à l’école. Seules ces mesures pourront sauver notre précieux trésor. Le mouvement occitaniste est profondément en crise, il doit se reconstruire sur un projet clair et offensif qui doit mettre en son centre cette revendication d’officialisation. L’occitan n’est pas une sous-langue d’un sous-peuple mais bien une langue minorisée écrasée par un Etat qui s’est bâti sur notre négation. Nous ne pouvons plus trouver d’excuse à cet état de fait, il faut organiser une rupture avec la République français. Une rupture idéologique en premier lieu, à savoir que peut-être, nous occitans, nous ne sommes que des citoyens français, de seconde zone qui plus est, et que notre nationalité est bel et bien occitane.


Nos-Nouvelles Occitanies- tient à participer activement à faire entendre la voix d’un peuple en mouvement.

 

 

 

 

 

 

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