Condamnons l’agression impérialiste au Venezuela!

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L’agression impérialiste américaine vient de franchir un nouveau pas au Venezuela. C’est une nouvelle attaque directe de l’impérialisme US qui est en train de se dérouler sous nos yeux au Venezuela. Les États-Unis tentent d’appliquer un coup d’État pour imposer un régime fantoche au Venezuela. Les USA utilisent leur recette maintes fois utilisée, en premier ils s'appuient sur les forces opposantes, soutiennent les rébellions et les débordements massifs, puis imposent une fraction de la grande bourgeoisie plus favorable à leur politique (Égypte), si cela ne fonctionne pas il mettent sous pression les forces militaires pour capituler sans combattre (le Venezuela en ce moment), ou ils interviennent directement ou via des mercenaires comme en Libye (c’est ce scénario qui se dessine).

Cette manœuvre planifiée par les USA a commencé officiellement par la proclamation comme président intérimaire de Juan Guaidó, le 23 janvier, président de l’Assemblée législative suspendue, qui a été instantanément reconnu par l’ultra-réactionnaire Trump comme le « légitime » président du pays. Puis les gouvernements soumis d’Amérique ont appuyé la politique impérialiste lors de la proclamation de Lima. Onze membres ont ouvertement appelé l’armée à trahir son honneur et à joindre les golpistes. Il y a cinquante États qui reconnaissent le gouvernement putchiste. Les USA ont immédiatement donné un ultimatum au gouvernement en exercice de Nicolás Maduro avec comme intimidation le recours à la violence. Juan Guaidó a immédiatement demandé une aide humanitaire qui a été de suite accordée par les USA. C’est donc un véritable « casus belli » lancé contre un État souverain. L’intervention militaire peut prendre donc deux formes, soit la capitulation de la nation opprimée ou une guerre d’agression impérialiste ce qui revient au même. Cette agression directe de l’impérialisme US signifiera le basculement du caractère semi-colonial à celui de colonial pour le Venezuela.

Tout ce processus constitue une flagrante violation de la souveraineté et de la dignité nationale et une violente agression de la part des Etats-Unis contre une nation opprimée du tiers-monde.

C’est le caractère de super puissance hégémonique qui permet aux USA de violer sans vergogne leur propre ordre international (ONU, OEA, etc.). C’est parce que les USA sont l’impérialisme hégémonique dans toute l’Amérique Latine (qui est la base principale de sa domination mondiale),et donc aussi sur le Venezuela semi-colonial qu’il peut agir aussi ouvertement. La situation de semi-colonie s’est dégradée durant tout le régime chaviste, loin de faire reculer l’impérialisme, le Venezuela s’est encore plus retrouvé sous sa coupe. Le gouvernement chaviste s’est appuyé sur sa quasi unique production d’exportation, le pétrole, et sur les investissements directs étrangers (IDE) donc impérialistes pour tenter de développer sa propre politique. De plus le Venezuela s’est ouvert à d’autres puissances impérialistes comme la Chine ce qui fait qu’il est devenu une zone aigüe du conflit inter-impérialiste mondial. Le pétrole assure 95% de ses exportations et 50% de son PIB, les deux gouvernements bolivariens n'ont jamais inversé la tendance ce qui met le Venezuela dans une situation d’extrême fragilité, la crise actuelle découle de cette situation de domination économique.

A travers la crise économique les USA et leurs sous-fifres vont tenter de s’accaparer totalement le pétrole vénézuélien (première réserve du monde) tout cela au bénéfice de l’oligarchie financière et contre ses concurrents impérialistes. L’impérialisme français si prompt a appuyer le golpiste Guaidó compte bien tirer son épingle du jeu, étant en 2016 le 3e exportateur d’IDE au Venezuela (ayant donc une position forte dans le pays), il appuie donc avec l’UE l’hypocrite recherche d’une ‘solution démocratique ». L’aide « humanitaire » n’est que cheval de Troie pour organiser l’intervention militaire. Le 19 février dernier, la marionnette Juan Guaidó a dit qu’il ne fallait pas écarter l’intervention militaire US. Lors d’une conférence John Bolton a dévoilé le plan US qui est de déployer 5000 soldats en Colombie à la frontière vénézuélienne. Fin janvier la Maison Blanche a intensifié son blocus en intensifiant les attaques économiques notamment contre la PDVSA, la compagnie nationale de pétrole vénézuélienne.

 

Pour savoir comment réagir lors de tel événement il nous faut comprendre que le monde est traversé par trois contradictions. La première et principale qui est la contradiction entre pays impérialistes et pays semi-colonisés (cas du Venezuela), puis la contradiction inter-impérialiste, et bourgeoisie-prolétariat. Dès que Juan Guaidó a été soutenu par les USA il n’y avait donc plus de question à se poser sur où nous devons nous positionner, nous devons toujours être du côté des peuples opprimées du tiers-monde et ça peu importe la politique de leur gouvernement. Car c’est la soumission des pays du tiers-monde qui permet à l’impérialisme de se perpétuer. Cela signifie donc que notre soutien n’est pas un soutien au gouvernement bolivarien mais aux masses et à la nation vénézuélienne. Le gouvernement vénézuélien a été jusqu'à maintenant sans vision politique de profondeur en tentant de réduire, au début, la situation à un conflit interne, puis en coupant les relations diplomatiques entre le gouvernement vénézuélien et américain mais pas avec les USA, parlant même de « dialogue » et de « paix ». Le 23 février 2-19, Maduro a affirmé qu'il n y aurait pas de guerre ! Maduro croit que le monde est multipolaire et que les impérialistes russes et les sociaux-impérialistes chinois mettrons toutes leurs forces pour défendre le Venezuela. Les impérialistes quels qu’ils soient n'ont pas de principes, ils utilisent les luttes des peuples pour échanger des avantages sonnants et trébuchants, par exemple une négociation un peu plus souple des droits de douanes avec la Chine, une diminution des sanctions avec la Russie, nous verrons bien. La Syrie de son côté étant dans une situation bien particulière loin du pré carré américain, il n y aura pas de négociation. Le modèle des printemps arabes ayant échoué alors il vont passer au plan B, le modèle libyen.

C’est donc au prolétariat de mobiliser les masses populaires contre l’agression et de développer une guerre de résistance patriotique contre l’impérialiste US. Déjà un violent sentiment patriotique anime les masses vénézuéliennes contre cette agression qui pourra se transformer en un large front anti-impérialiste. La guerre de résistance doit viser l’établissement d’un pouvoir populaire construisant le véritable socialisme.

Cette agression rentre dans un plan plus général de redécoupage du monde par l’impérialisme. L’Amérique du Sud est violemment visée par cette politique.

L’établissement de régimes à la solde des USA comme au Brésil est une nouvelle étape historique et sonne une nouvelle guerre d’indépendance pour les nations et peuples sud-américains.

Son statut de seule super puissance hégémonique est ce qui mènera les USA et l’impérialisme en général a leur défaite. Les USA sont obligés de multiplier les interventions militaires pour maintenir leur domination sans partage mais tout cela coûte de plus en plus cher. C'est un cercle vicieux, le surrendettement des USA pousse à trouver de nouveaux débouchés pour leur économie à l'aide de guerres qui accentuent ce surendettement.

Il n’y a pas de paix possible avec l’impérialisme, faisons tomber nos illusions.

Le Venezuela et l’Amérique latine seront la tombe des hordes impérialistes US !