Le peuple catalan est dans un tournant.

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Hier soir, les rues de Catalogne ont été pour la 4ème nuit consécutive le théâtre d'affrontements entre les manifestants, venus demander le droit à l'autodétermination et les forces de sécurité de l'Etat espagnol accompagnées des mossos d'esquadra. 


Un haut niveau de combativité a été observée hier dans les rues de Barcelona où pendant plusieurs heures les manifestants ont tenu en respect les forces de l'ordre.

Quelques heures plus tôt, les 6 colonnes des marches pour la liberté avaient fait leur entrée dans Barcelone, et plus d'1 million de personnes avaient répondu présent à l'appel à manifester des CDR, le tout dans un contexte de grève générale "pour les droits et les libertés". Plusieurs sources ont dénombré un total de 2,5 millions personnes présentes aux diverses manifestations tant en Catalogne que dans l'Etat espagnol (Madrid, Andalousie, Galice, Îles Baléares, Valence) ainsi qu'en Andorre.

Les forces de l'ordre ont répondu de façon disproportionnée à la présence massive de manifestants pacifiques, utilisant la méthode du carroussel (utiliser les fourgons pour rentrer dans la foule et la disperser, au risque de renverser les personnes présentes sur leur passage), les LBD et les grenades lacrymogènes. Ils ont pu s'appuyer sur la présence de plusieurs groupes fascistes qui ont pu déambuler librement dans les rues catalanes, armés de barres de fer et de fumigènes, pour aller "chasser de l'indépendantiste".

Des témoins racontent qu'à Girona ces groupes d'extrême droite espagnolistes n'ont pas hésité à attaquer des habitations exposant des symboles indépendantistes. Parallèlement, les axes principaux de circulation du pays étaient coupés par des manifestants, notamment l'autoroute reliant la France à l'Espagne. Après plus de 24 heures de présence à la Jonquera, les Catalans du Sud ont passé le relais à leurs homologues du Nord, qui occupent actuellement le péage du Boulou.

Ce matin, le gouvernement catalan a demandé  une nouvelle fois au gouvernement espagnol d'ouvrir des négociations, au vu de la situation, alors que la Commission européenne et Amnesty International ont rappelé à Madrid la nécessité de trouver un juste milieu entre maintien de l'ordre et respect de la liberté de manifester.

De nouveaux rassemblements sont à nouveau prévus dans tout le pays cet après-midi et demain.

Les Catalans en appellent à la solidarité internationale.