Un point sur la situation en Catalonha.

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Cette semaine a été plus calme en apparence en Catalogne que la semaine précédente.


Pour autant, lundi, le président espagnol Pedro Sanchez a fait une visite surprise à Barcelona, alors même qu'il refuse d'ouvrir le dialogue avec le gouvernement catalan, malgré les demandes répétées du président Torra.
Sanchez a dû écourter sa visite devant l'hostilité de la population, notamment de la part du personnel de l'hôpital où il s'est rendu pour visiter le seul policier blessé lors des affrontements de la semaine passée.

Mercredi 24 octobre avait également lieu le transfert du corps de Franco, pendant lequel se sont multipliés les hommages au dictateur, aux cris de Vive Franco, avec présence du drapeau de la dictature et de ministres de l'Etat espagnol. L'impunité fasciste est d'ailleurs désormais un fait établi dans les rues catalanes.

Parallèlement, les députés des partis indépendantistes au parlement de Catalogne ont voté une résolution pour organiser un débat dans l'hémicycle sur l'autodétermination  et la monarchie, défiant ainsi l'interdiction décrétée depuis Madrid. 

Alors que les étudiants se sont à nouveau mis en grève les 24 et 25 octobre, ils ont obtenus que les activités d'évaluation soient suspendues dans la majorité des universités jusqu'au 4 novembre, permettant ainsi le maintien d'une mobilisation permanente dans les rues. 

Ce samedi 26 octobre, une grande manifestation convoquée par l'ensemble des partis et entités indépendantistes, a réuni environ 500 000 personnes et les rues de Barcelone se sont à nouveau enflammées le soir.



Les CDR avaient convoqué un rassemblement à 19h devant le commissariat central de la Police Nationale espagnole, commissariat de triste mémoire, notamment par les faits de tortures qui s'y sont déroulés durant la période franquiste. Devant le succès du rassemblement, les fourgons des forces de sécurité positionnés devant l'édifice se sont rapidement retrouvés enveloppés par la foule, et n'ont pas hésiter à forcer le passage pour sortir de ce mauvais pas, suivi par une nouvelle démonstration de violences policières, carroussels dans les rues, tirs de LBD et charges sans sommation. Les services d'urgence médicale ont recensé une centaine d'intervention sur des personnes blessés principalement pour des coups de matraque et des impactes de balles en caoutchouc, dont 2 journalistes. 6 personnes ont dues être hospitalisées. 

On attend aujourd'hui la manifestation unioniste, pour laquelle les différentes organisations d'extrême droite espagnoles ont organisé des autocars depuis l'ensemble de l'Etat espagnol.
Ce matin, afin d'empêcher leur entrée en Catalogne, des groupes ont occupé l'autoroute AP-7 au niveau de Tarragona.

La semaine prochaine risque d'être de nouveau plus agitée. Le 29 octobre, Carles Puigdemont, président en exil de la Catalogne, comparaîtra devant la justice belge dans le cadre de l'ordre de détention européen lancé contre lui par l'Espagne.