Hommage à Santi Brouard, patriote et socialiste basque.

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Beaucoup aujourd'hui semblent découvrir, avec la répression en Catalunya, que la monarchie espagnole n'est pas exactement un paradis démocratique. La situation actuelle n'est pas exceptionnelle mais bien d'une froide et banale normalité dans ce pays. Combien de femmes et d'hommes sont passés entre les mains broyeuses de l’État depuis le retour de la « démocratie », nous ne le savons pas. Euskal Memoria (le site est ici) vient de sortir un document faisant état de 5022 cas de tortures seulement en Euskal Herria entre 1947 et 2014... Le document démontre que la démocratie, loin d'avoir été une rupture, n'a fait que continuer une vieille tradition du pouvoir militaire factieux commencée en 1936.

 

Une autre facette de la répression fasciste de l'État, sûrement la plus basse et lâche, a été la bien nommée « guerre sale ». L'État espagnol a financé des groupes de pistoleros, sans foi ni loi, pour assassiner des militants politiques, le GAL (Groupe d'Antiterroriste de Libération) est sûrement le plus connu.

 

L'homme a qui nous rendons hommage aujourd'hui, a été assassiné, justement, par le GAL.

 

Santi Brouard dit Santi est né en 1919 à Lekeitio en Bizkaia(EH). En 1936, à l'âge de 17 ans, il s'engage comme volontaire dans le bataillon d'Itsalde. La mort très jeune de ses deux sœurs lui fait choisir la médecine comme orientation professionnelle. Après la guerre, il étudie la médecine à l'Université de Valladolid. Il se spécialise en pédiatrie et dédie sa vie aux enfants dans lequel il voit se refléter l'avenir du Pays Basque. Une autre de ses passions fut la langue basque. Il participa à la création de la revue Anaitasuna et à la fondation de la première Ikastola.

 

C'est la mort de Txabi Etxebarrieta, dirigeant de l'ETA, lors d'une confrontation avec la garde civile, et des militants Xenki et Murgi à Leiketio(EH) en 1968, qui marque un pas de plus dans sa conscientisation. Après avoir aidé un gudari (militant de l'ETA) blessé, il devra en 1974 prendre le chemin de l'exil vers le Pays Basque nord. C'est là qu'il finira de forger définitivement sa conscience au contact de militants historiques patriotes et révolutionnaires tels que Argala et Telesfóro Monzón.

 

Il participa en 1974 à la création de HAS (Herriko Alderdi Sozialista) au Pays Basque nord, puis un an après à EHAS (Euskal Herriko Alderdi Sozialista) au Pays Basque sud. Ces deux mouvements fusionnèrent en 1976 à Iruna pour donner HASI (Herri Alderdi Sozialista Iraultzailea) dont il fut le président jusqu'à sa mort. Hasi fut le premier parti à travailler sur tout le Pays Basque historique. Ce parti intégra la plate forme KAS (Coordination abertzale socialiste) qui regroupait tous les partis et organisation du mouvement de libération national basque.

En tant que représentant de ce parti, il participa aux discussions de Txiberta qui visait à unifier le mouvement national basque en vue des premières élections libres depuis 1939. Cette démarche portée par Telésforo Monzón, échoua. C'est avec lui qu'il participera à la formation d'Herri Batasuna (unité populaire) dont il fut membre de la "Mesa Nacional" (la direction). Il fut plusieurs fois élus au Parlement du Pays Basque et de l’État espagnol et, aussi comme Conseiller Municipal de Bilbao.

 

Le 20 novembre 1984, le jour de la mort de Franco, deux hommes entrèrent dans son cabinet médical et l’assassinèrent de plusieurs balles. Ces hommes faisaient partie du GAL, groupe directement finançait par le PSOE (parti socialiste) au pouvoir à ce moment là.

 

Ce jour-là est mort un patriote et un révolutionnaire socialiste conséquent qui a toujours lutté pour la libération sociale et nationale de son peuple. Immédiatement le Pays Basque répondit par une grève générale massive.