Lucha feminina

Être une femme noire dans une Catalunya indépendante

 texte original ici.

   Je suis une femme, fille d'immigrés, immigrée, catalane, de gauche, TRÈS à gauche, et noire... Surtout noire.

Le 1er octobre 2017 je suis allée voter, j'ai protégé une école-bureau de vote, et oui, J'AI VOTÉ. Plusieurs fois je me suis demandé si cela apporterait un changement et si tel est le cas, si ce changement bénéficierait aux groupes minoritaires et opprimés dont je fais partie. Sincèrement, j'ai dans la tête plusieurs réponses qui varient selon la perspective :

Violence obstétricale : Il faut changer ce scénario.

       C’est très courant que quand une femme parle de son accouchement elle mentionne seulement quelques faits spécifiques, en accord avec une sorte de standard, de préfèrence avec une neutralité de language toute médicale. Lors d’une réunion de famille ou entre ami-e-s, ce dont nous entendons parler c’est du type d’accouchement (par voie basse ou par césarienne) qui a été vécu, la douleur n’est abordée qu’à travers le prisme de la péridurale en se limitant à mentionner les heures de travail.  C’est, cependant, pratiquement impossible pour une femme de lister les marques d’injections sur sa peau, les points de sutures ou de détailler le nombre de doigts et d’objects qui furent introduits dans son vagin, et tout cela par pudeur. Pour l’accouchement, le corps médical avec circonspection s’arrête aux éléments factuels et ne discute pas avec la future mère de ces questions. De toute manière, la mère n’a le droit que d’être heureuse si son bébé est en bonne santé, peu importe les souffrances qu’elle a subies.