Procès contre des vignerons et crise de l’Occitanie

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Mardi 17 avril 2018, les vignerons du syndicat des vignerons du Gard  se sont rassemblés pour soutenir cinq de leurs camarades convoqués devant le juge pour « association de malfaiteurs ».  Ils sont accusés de faire partie du CRAV (Comité Régionale d’Action Viticole), un mouvement clandestin qui exprime la colère et défend les viticulteurs en crise.

Le CRAV mène des actions contre l’importation frauduleuse de vin espagnol. Le 3 mai 2017, 32 vignerons sont arrêtés à un péage en Gironde. Dans leurs voitures sont retrouvés des masses, des haches, des cocktails Molotov, des chalumeaux. Après cela cinq vignerons seront placés sous contrôle judiciaire. Ils sont accusés d’avoir participé en 2016 à des actions liées au CRAV.

Au-delà de ses actions spectaculaires et des procès, le CRAV révèle  un problème politique majeur. Celui de la soumission des occitans à un pouvoir franco-parisien étranger à ses besoins. Depuis la conquête de l’Occitanie centrale il y a 800 ans nous n’avons pas pu suivre un développement propre. Au XIX e siècle la bourgeoisie occitane a préféré lâcher les filatures et investir massivement dans la vigne, jusqu’à ce que l’ancienne région Languedoc Roussillon fournisse 40% de la production hexagonale. Cette situation a créé d’immense fortune mais en même temps une monoproduction agricole et donc un territoire économiquement  fragile. La bourgeoisie occitane sans vision nationale du fait de la soumission historique à l’état français a préféré laisser l’industrie au nord de l’hexagone.

L’actuelle côte languedocienne est encore profondément marquée par cette histoire. Un secteur viticole en crise latente, une zone avec des taux de pauvreté record (rappelons qu’un emploi industriel induit 7 emplois), des écarts de richesses immenses. Ce phénomène est venu se coupler à l’arrivée massive d’une population du nord de l’Europe (Allemand, Anglais, Français, Hollandais, Belge.). Attiré par le soleil et la qualité de vie, retraités, petite bourgeoisie  sont venues bousculer le peuple local. La zone côtière ne vit que de la construction et donc a besoin d’une croissance démographique soutenue (en fait d’une immigration soutenue car les autochtones font très peu d’enfants), et du tourisme de masse estivale. La spéculation est un véritable fléau pour les masses populaires.

Comment peut-on s’étonner de la croissance du FN en l’absence d’une force révolutionnaire occitane qui parle du peuple dans un territoire aussi violemment broyé.

Les syndicalistes vignerons étaient proches du milieu occitaniste dans les années 70. Si l’occitanisme avait été à la hauteur à l’époque, c’est-à-dire si il avait porté la question nationale occitane et donc dépasser le culturalisme nous aurions eu un schéma à la Corse. C’est-à-dire un peule conscient de son histoire et qui avance vers l’avenir.

Aujourd’hui rien n’est perdu l’occitanisme doit devenir politique et révolutionnaire donc mettre les pieds dans le plat, toucher aux problèmes qui fâchent. Dire qu’un peuple historique doit pouvoir contrôler son territoire est sommes toute logique. Dire qu’un vigneron doit pouvoir vivre de son travail, dire que les enfants languedociens doivent pouvoir grandir et vivre dans la dignité chez eux sont des choses justes.

Les questions de la viticulture, de la pauvreté, de la désindustrialisation, de la dés-occitanisation, de la spéculation sont des problèmes de souveraineté nationale mais pas française ! Les Occitans, ne pourrons pas reprendre en main leurs affaires sans développer une lutte de libération nationale et sociale révolutionnaire en Occitanie.

Sans cela notre terre va s’enfoncer de plus en plus dans la crise, dans la dépression et dans le fascisme.

Le CRAV aurait tout intérêt à porter un message politique des petites gens, du peuple occitan, celui d’en bas dont tout le monde se fou, sinon leurs petits enfants seront toujours à courir dans le maquis et en justice.

 

 

Vive la juste lutte vigneronne !

Vive la nation occitane !

Indépendance et socialisme !