Migrants, réfugiés et impérialisme

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Être migrants ou devenir réfugiés aujourd’hui dans l’Union Européenne est un parcours du combattant inhumain. Les gouvernements traitent cette question avec le plus grand mépris comme si ces personnes n’étaient pas des humains. L’hypocrite discours de la bourgeoise sur notre «démocratie » vient s’écraser une fois de plus sur la dure réalité. L’UE traite ces enfants, femmes et hommes issus des pays dominés par l’impérialisme comme elle traitait les fils et les filles de ses colonies, c’est-à-dire comme de la viande, des animaux.

Après le calvaire pour arriver en Europe les réfugiés trouvent ici, face à eux, une puissante machine bureaucratique faîte de paperasse sans fin, de déplacement, de vie dans des camps de concentrations très souvent loin des centres urbains. A Pau, par exemple le centre d’hébergement se trouve très loin du centre(45min de marche), hors des transports en commun. Cachons la misère que nous créons par le monde, semble dire cette attitude.

Partout dans l’Etat français de nombreuses personnes se mobilisent contre cette honte. Des alpes occitanes jusqu’au littoral calaisien des milliers de personnes sauvent l’honneur et atténuent les douleurs des demandeurs d'asile.

Aujourd’hui, les réfugiés sont soumis à la procédure Dublin 3. Selon le règlement Dublin, un seul État est responsable de l’examen d’une demande d’asile dans l’Union européenne.

Selon le règlement Dublin III, c’est :

  • soit le pays par lequel vous êtes entré et dans lequel vous avez été contrôlé  (empreintes);

  • soit l’État qui vous a accordé un visa ou un titre de séjour.

Ce qui signifie que des réfugiés dans l’État français auront leurs demandes d’asile traitées par exemple en Allemagne si c’est là qu’ils ont eu leurs premiers documents d’arrivée. C’est un grave problème pour les réfugiés car certains demeurent depuis un moment sur un territoire mais sont obligés de partir dans un autre pays pour, espérer, avoir sa demande traités. Et cela est bien sans la prise en compte des liens développés dans l’endroit avec les associations et les gens qui y vivent.

Il faut savoir aussi que tous les États de l’UE n’ont pas la même politique, l’Allemagne ou l'Italie, par exemple en ce moment expulsent beaucoup de réfugiés. Cette procédure permet aussi à des États comme l’État français de dire qu’ils expulsent peu, car en fait, peu de réfugiés ont reçu leurs premiers documents ici. L’État français les expulse vers l’Allemagne qui elle, comme nous l’avons dit, fait marcher la machine d’expulsion à plein régime.

L’autre grave problème que rencontrent les réfugiés c’est le logement. Nous laissons la parole au Collectif béarnais« Des Hommes avant tout » (leur page facebook ici) qui expliquera mieux que nous cette situation.

 

Communiqué des exilés et des travailleurs sociaux du CAO de Gelos

Un accueil digne pour les demandeurs d’asile, et non aux expulsions en PRADHA/ puis dans leur pays

Collectif « Des Hommes avant tout »

Les résidents du centre d’accueil et d’orientation situé à GELOS ont été informés que la fermeture du centre, dans lequel certains sont accueillis depuis plus d’1 an, sera effective au 31 décembre 2017.

Pour pallier à cette fermeture, l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) proposera un hébergement en logements individuels pour les personnes ayant obtenu le statut de réfugié. Pour les autres personnes (demandeurs d’asile en procédure normale et en procédure DUBLIN) une orientation est prévue sur le nouveau dispositif d’accueil des demandeurs d’asile dit PRADHA (Programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile). Les PRADHA (dont celui de Pau et Séméac) sont gérés par la société ADOMA. Les conditions d’accueil des PRADHA récemment ouverts ont déjà démontré la grande précarité du logement et de la prise en charge des personnes.

En effet, alors que les CAO étaient ouverts avec « un prix de journée de 25 euros par personne », les PRADHA fonctionnent avec « un prix de journée de 16 euros » seulement. Les conséquences de cet hébergement discount sont multiples :

  • Accompagnement social quasi inexistant ; or les personnes en demande d’asile ont besoin de connaître leurs droits concernant les démarches auprès de l’OFPRA, la Préfecture, la CNDA, ainsi que sur leurs droits sociaux. Ce qui est crucial pour l’intégration des demandeurs d’asile dans la société Française.

  • Aucun budget pour l’interprétariat ; les démarches administratives sont cruciales pour garantir l’accès aux droits relatifs aux des demandeurs d’asile.

  • Assignation à résidence des personnes en procédure Dublin, en collaboration avec la Police aux frontières pour faciliter les transferts vers les pays concernés. Conditions d’hébergement très précaires et restrictives (chambres exiguës, pas d’espaces collectifs, 1 machine à laver pour 80 personnes, faible accès à internet, interdiction de sortie entre 22h et 8h, expulsion du PRADHA après trois jours d’absence, etc.).

De nos jours, comment appellerait-on un centre d’hébergement où les personnes sont obligées de respecter une assignation à résidence, sous la menace d’une expulsion. Un lieu où les libertés individuelles sont restreintes, et les droits bafoués au quotidien. Les personnes actuellement hébergées au CAO de Gelos sont conscientes de la situation d’accueil des PRADHA et de la non prise en charge de leurs droits sociaux au sein de ces derniers. Ainsi, le collectif sollicite un rendez-vous avec M. le Préfet des Pyrénées-Atlantiques avant le 7 décembre 2017, afin de pouvoir envisager une solution d’hébergement plus proche de l’accueil PROMIS INITIALEMENT dans l’accompagnement des demandeurs d’asile (CADA – Centre d’accueil des Demandeurs d’Asile – ATSA – Accueil Temporaire Service de l’Asile).

Une mobilisation des associations et collectifs locaux sera organisée le vendredi 8 décembre à 15h, devant la Préfecture, en cas de refus de recevoir le Collectif ou de proposer aux résidents un hébergement digne.

A Gelos, le 29/11/2017-----


L'Etat Français, continue sa politique d'expulsion, sachant pertinemment le sort des demandeurs d'asile à leur retour suivant le pays : esclavagisme, torture, emprisonnement et la mort. Comprenons bien qu’il n’y a rien de si surprenant dans ce traitement des demandeurs d'asile par l'Etat Français. Il vient directement de notre mode de production : le capitalisme à son stade ultime : l’impérialisme. L’impérialisme (voir ici la définition) a entrainé la création de toute une superstructure idéologique. Un mode de production entraîne forcement une façon de penser différente. Bien que l’impérialisme fait partie du capitalisme, ses particularités propres ont entraîné une vision du monde qui perdure jusqu’à aujourd’hui. C’est le fait d’asservir des peuples et des terres lointaines aux cultures différentes qui est la particularité entre le capitalisme et l’impérialisme. La colonisation, c’est-à-dire le vol de terre d’autrui, la soumission de peuple entier, voir leur éradication, ont créé notre vision actuelle du monde. Cette vision c’est le fait que les non-blancs seraient inférieurs et particulièrement les africains. A l’époque, l’infériorité raciale était revendiquée, aujourd’hui, c’est la culture, la façon de vivre, la religion, les mœurs qui sont mis en avant, mais cela ne change rien au fond. Nous pourrions rajouter que dans l’Etat français ce sentiment de supériorité vient de l’idéologie propre à la bourgeoisie française. L'idéologie française se prétend universelle, avec toute une mythologie pseudo-progressiste autour de la philosophie des "Lumières", LE pays des droits de l'Homme etc. Et çà peu importe si c'est en total contradiction avec ce que vit les classes dominées dans l'Etat français. La langue est d’ailleurs un puissant vecteur de cette idéologie. Nous, occitans le savons mieux que quiconque.

Donc, nous devons comprendre que la façon dont nous traitons les demandeurs d'asile/réfugiés, est directement liée à notre système économique et social. Directement lié au fait de voler, d’escroquer les ressources des pays dominés, principalement l’Afrique, en ce qui nous concerne.

 

Et les réfugiés d’où viennent-ils ?

Le système impérialiste est en crise profonde (voir ici l’explication). Cette crise crée d’immenses bouleversements continentaux. Les guerres menées par les impérialistes pour accaparer les ressources ou conquérir de nouveaux marchés, détruisent les économies déjà faibles de ces territoires. Cette situation entraîne d’immense déplacement de population, il y avait en 2015, 65,3 millions de personnes réfugiés. L’Europe et les pays impérialistes, responsables de tout cela, n’accueille que quelques gouttes de ce flot immense.

Tout ceci ne pourra s’arrêter que quand l’impérialisme sera détruit.

La question des réfugiés dépassent largement la question humanitaire ou humaniste, c’est une question hautement politique. C’est-à-dire comment fonctionne notre monde. Pourquoi 20% de la population ont 80% des richesses, et les 80% qui restent n’ont que 20% ?

C’est pour cela qu’en tant que révolutionnaire et internationaliste nous nous devons de soutenir et accueillir les réfugiés et nous nous devons de lutter pour la destruction du système impérialiste génocidaire.